Replaçons-nous dans le contexte : Premier Mars 1980, les parents de
BON SCOTT conseillent au groupe de recruter un nouveau chanteur et de continuer.
Toutefois, ANGUS et MALCOM traversent une période difficile et la réalité
a bien du mal à s'imposer à eux. ANGUS déclare à
l'époque : " Personne ne sait quoi faire. Nous sommes si abattus.
BON et nous étions si proches ! C'est comme si nous avions été
amputés d'un bras
". C'est donc sous la forme inhabituelle
d'un quartet qu 'AC/DC finit par se décider à rentrer de nouveau
en studio afin d'achever les titres du prochain Lp. Le travail devient pour
eux une sorte de thérapie.
Des rumeurs de séparation fleurissent ici et là dans la presse.
Toutefois, à la mi-mars, le " Melody Maker " et le " N.M.E.
" (hebdomadaires rock anglais) pensent tous deux détenir le nom
du futur vocaliste : Le premier pressent Stevie Wright (ex-chanteur des Easybeats),
le second Alan Friar (ex-Fat Lip qui finira par monter Heaven avec MARK EVANS).
L'on parle même de Gary Holton (ex-Heavy Metal Kids) mais il n'en sera
rien
Le premier Avril, le groupe révèle officiellement
le nom de son chanteur qui n'est autre que BRIAN JOHNSON (ex-Geordie), déjouant
ainsi toutes les attentes. AC/DC s'enferme alors aux " E'Zee Hire Studios
" de Londres où commençent d'intensives répétitions,
puis s'envole, à la mi-Avril, pour les Bahamas. Fin Mai, " Back
in Black " est en boîte ; l'album noir ne sortira que deux mois plus
tard, aux alentours du 31Juillet 1980.
Il est maintenant grand temps de voir ce que BRIAN vaut sur scène. Pour
ce faire, une mini-tournée secrète de 6 dates est rapidement mise
sur pieds. Le groupe ne veut pas risquer de se " planter " lors des
premières dates du " Back in Black World Tour " qui commence
aux Etats-Unis le 30 Juillet. Aucun " tour de chauffe " (ce que les
anglais appellent " Warm up-gig ") ne semble donc plus indiqué
que ces " tests " dans des salles de faible capacité (1000
à 3000 places).
C 'est somme toute assez logiquement que la Belgique et la Hollande sont désignées
comme " terres d'adoption " de ces premiers concerts avec BRIAN, concerts
qui ne bénéficient ni de promotion, ni d'affichage. Toutefois,
la Belgique est, comme chacun le sait, un petit pays et la nouvelle a tôt
fait de se répandre. Les organisateurs eux-mêmes ne sont prévenus
qu'une semaine à l'avance ! Les billets, inutile de le préciser,
s'arrachent en quelques heures et le marché noir bat son plein : quel
fan ne rêve pas d'assister aux premiers pas " AcéDéciens
" de BRIAN ? Quelques français chanceux, habitant en bordure de
la frontière belge, apprennent la nouvelle et parviennent à assister
aux " baptême du feu "
Les Boys prennent secrètement la route le 27Juin 1980. Ils voyagent en
bus, sont accompagnés de quelques roadies et apportent avec eux le minimum
indispensable de sono et d'éclairages : quelques amis, quelques spots,
quelques milliers de watts et surtout une énorme dose de Rock'n'Roll
!
Les dates s'enchaînent comme suit :
29.06.1980 NAMUR (Palais des Expositions) Belgique
30.06.1980 ANVERS (Salle " Cine Roma ") Belgique
01.07.1980 DEINZE (Brielport) Belgique
02.07.1980 NAMUR (Hall Polyvalent) Belgique
(Il semblerait que deux concerts aient eu lieu en Hollande à la suite de ces quatre dates belges).
Chaque concert dure entre 70 et 80 minutes tandis que la playlist s'articule
autour des titres suivants :
Hells Bells - Shot down in Flames - Hell ain't a bad place to be - Problem Child
- Back in Black - Bad boy boogie - Highway to hell - What do you do for money
honey - High voltage - Shoot to thrill - Given a dog a Bone - Whole lotta rosie
- Rocker- Angus Solo- Let there be rock.
Quelques anedoctes :
- A Namur, première date jamais jouée avec BRIAN, le groupe ne
monte sur scène qu'à minuit, soit 3 heures ( !!!) après
que le groupe de première partie ait terminé
- La " Hells Kitchen " (salle de repos construite après la
scène après la roadie et le groupe) n'est pas entièrement
aménagée, mais on peut déjà apercevoir un panneau
" Gateway To Hell " à l'entrée des backstages
- MALCOM jouait avec son énorme " Gretsch White Falcon ", celle-là
même que l'on peut voir dans les clips promos de " Back in Black
".
BRIAN, très nerveux, ne peut fermer l'il la nuit
précédant son premier show.
Il existe, dans la presse sortie à l'époque, très peu de
compte-rendus de ces incroyables concerts secrets. Voici donc quelques extraits
de l'article " AC/DC s'est fait beaucoup attendre et peu entendre "
écrit par J.L. Henquinet et publié dans le quotidien " L'Avenir
Du Luxembourg " du 5/6Juillet 1980 " :
(
)
20 H 30 : un groupe monte sur scène pour chauffer la salle (
).
Une bonne demi-heure après, le trio quitte la scène. Place à
AC./DC, 9 H 15, 9 H 30 : Anne, ne vois-tu rien venir ? Quelqu'un monte sur scène
: Le car d'AC/DC et plus particulièrement son radiateur est tombé
en panne à une vingtaine de kilomètres d'Arlon (
). Soit,
9 H 45, 10 H 00, 10 H 15, 10 H 30 (
), ça commence à bien
faire. Il n'y a pas trop de chahut, le public se montre très patient.
Enfin, le bulldozer monte sur scène.
(
) Voilà à peine plus d'une heure que le " gang "
est sur scène et le concert se termine déjà sans rappel
ni trompette (
). Ils n'ont même pas daigné faire le moindre
petit rappel (
). Les spectateurs allument leurs briquets, rappellent AC/DC.
N'insistez pas, c'est fini. Les néons se rallument dans le hall. Le film
est bel et bien terminé. Les techniciens envahissent la scène
et démontent le décor. Elle est quand même forte, celle-là
! (
.) 2000 personnes à 300 F l'entrée (Ndlr : Il s'agit
de francs belges), faites le compte. Le public dépose plus d'un demi-million
de francs au pied de la scène avant de commencer (
). Cinq lascards
qui pointent le bout de leur nez deux heures après les autres, jouent
une heure et des poussières - et quelle heure, on en convient - sans
la moindre petite rallonge ! Comme on peut le constater à la lecture
de ces quelques lignes, les concerts secrets d'AC/DC avec BRIAN n'ont pas fait
que des heureux (du moins parmi les journalistes), mais il semble bien évident
que les fans, eux, se souviendront de ces sompteuses dates avec fierté.
Ils ont peut-être attendu, mais, eux, au moins, ils ont VU. Pour conclure,
laissons la parole à BRIAN, qui, pour sa part, n'a pas oublié.
Il déclarait peu après :
" (
) Il faut dire que le public était déchaîné
et vraiment très sympa. Je n'oublierai jamais cette banderolle à
Namur. Il y était inscrit : " The King Is Dead/Long Live The King
! " Ce sont des choses que l'on ne peut oublier. Je crois d'ailleurs pouvoir
dire le meilleur moment de ma vie ".
" (
) Durant la première demi-heure, je suis rentré
en collision avec ANGUS au moins dix fois ".
" (
) Un kid est venu me voir. Il avait un tatoo de BON sur le bras
et il m'a dit : " Ce gars était mon héros mais il s'en est
allé. Je te souhaite Bonne Chance ! ". Je suis resté là,
pétrifié, à lui serrer la main. Que répondre quand
des gens sont prêts à placer ainsi leur foi en vous ? Depuis ce
jour, j'ai chanté pour ce kid et pour tant d'autres comme lui ".
J'ai " emprunté " cet article sur le "
Feu " célébre fanzine " LET THERE BE LIGHT " de
Sept 1994.
Je tiens à remercier le staff du SEUL fanzine d'AC/DC français
(malheureusement disparu
) pour la qualité des articles et des photos
!!.
Après quelques recherches, les dates de HOLLAND 1980 ont été
:
4, 5 et 7 Juillet 1980 à BREDA, HOLLANDE.
Il existe le bootleg du 2nd et 3 eme gig de Brian Johnson. Pas d'enregistrement
du 1 er, malheureusement.
On peut y entendre, entre autre, la difficulté de BRIAN a caler sa voix
sur les morceaux de BON. Chose difficile, je le conviens !
Aussi, les morceaux de l'album " Back in Black " ont été
joué bien avant la date de sortie de l'ALBUM ! Il avait été
de même à l'époque pour " Highway to Hell ".
Et pour finir, trouvez-vous bizarre le retard pris pour le 1 er concert ???
officiellement, Panne de CAR
mais est-ce un trac (bien légitime)
de Brian ???