Discographie

Back In Black

Back In Black

Date de sortie : 25 Juillet 1980
Line-up : Young, Young, Johnson, Williams, Rudd
Producteur : Robert John "Mutt" Lange
Lieu d'enregistrement : Compass Point Studios, Nassau, Bahamas

Titres :

  1. Hells Bells (5:12) Traduction disponible
  2. Shoot To Thrill (5:17) Traduction disponible
  3. What Do You Do For Money Honey (3:35) Traduction disponible
  4. Given The Dog A Bone (3:31)
  5. Let Me Put My Love Into You (4:15) Traduction disponible
  6. Back In Black Traduction disponible
  7. You Shook Me All Night Long (3:30) Traduction disponible
  8. Have A Drink On Me (3:58) Traduction disponible
  9. Shake A Leg (4:05)
  10. Rock And Roll Ain't Noise Pollution (4:25) Traduction disponible
  • Chansons écrites par M. Young, A. Young & B. Johnson


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La Genèse de Back In Black :

A quelques minutes de partager pour la première fois la scène avec les frères Young, Bon Scott vida une bouteille de bourbon, se retourna, et déclara qu'il était prêt. Angus lui, se retourna vers son frère et lui dit plutôt... "si ce gars arrive à chanter... ça va être quelque chose... "
Sortant d'un métro à quelques minutes du début d'un concert, ou de son lit pour prendre le micro, bien que plusieurs côtes fêlées la veille même, il était commun de voir Bon Scott réapparaître comme par magie. Alors, en cette soirée du 20 février 1980, lorsque Phil Rudd appela Cliff Williams pour lui annoncer que Bon était parti, celui-ci répondit presque normalement "ah bon? il est où?" avant que Phil ne lui confirme que, non, cette fois-ci, il était parti, et qu'il ne reviendrait jamais.
A la douleur de perdre un ami, un leader, un membre de sa famille selon les mots d'Angus, s'ajouta alors à la difficulté à accepter, en plein élan, que rien n'est éternel.
Les frères Young ne l'ont jamais caché, rebrancher leurs guitares relevait alors plus de la démarche thérapeutique que de celle musicale. Et puis.. il apparût clair aux yeux de tous que l'offense serait de ne pas rester dans la dynamique largement amorcée par le défunt leader.

Le 8 avril 1980, et une version de Nutbush City Limits (entre autres) plus tard, Brian Johnson est officialisé nouveau chanteur d'AC/DC par Atlantic Records. Le groupe part s'enfermer dans les Compass Studio de Nassau, loin de tout, aux Bahamas, en compagnie de Mutt Lange pour enregistrer Back in Black. Le titre de l'album rend évidemment hommage à Bon Scott, et la pochette, des dizaines de fois refusée par Atlantic, sera noire, ou ne sera pas.
Back in Black est un album intransigeant. Comme un vin dont on connait l'histoire, et dont on sait apprécier la juste valeur, on se délecte de pouvoir le discuter pendant des heures avec un homologue aux mêmes ressentis, ou bien, trop souvent, on serre les dents de frustration à chaque service, lorsqu'il est trop souvent réduit au gimmick de sa cloche.

Le riff orageux d'Hells Bells, opener hors catégorie, rend évidemment hommage à Bon Scott. Pour la petite histoire, un coup de tonnerre made in Bahamas inspira Brian pour les paroles, et c'est en pissant que Malcolm eut l'idée de la cloche. Aussi anodin que celà puisse paraître, ce bruit de cloche donna du fil à retordre à Tony Platt, ingénieur du son. C'est le bruit de la Denison Bell de Loughborough qui fut enregistré par Platt après moult péripéties. Des oiseaux, nichés là venait ruiner les prises et il fût décidé de démonter intégralement la cloche pour la descendre dans le studio mobile.

L'hommage rendu, AC/DC sert en deuxième position, l'un de ses tous meilleurs riffs: Shoot to Thrill. Si Hells Bells est le Black, Shoot to Thrill est le Back. L'osmose du groupe sur ce titre est totale. Un riff efficace, un bridge magnifique et inspiré (une vague émotionnelle à tous concerts), le tout rendu par une production superbe et un positionnement judicieux dans la tracklist font de Shoot To Thrill une parfaite démonstration de la nouvelle puissance acquise par le groupe. En réalité, lorsque Shoot to Thrill se termine, on a presque envie de dire, bon... CQFD. A noter que les paroles (écrites par Brian Johnson) font référence à la vague médicamenteuse recouvrant les ménages anglais dans lesquels beaucoup de femmes au foyer tombent dans la dépression en ce début des années 80.

What Do You Do For Money Honey, Given The Dog A Bone et Let Me Put My Love Into You ne font littérairement parlant, pas dans la dentelle. Les riffs sont quant à eux, très incisifs, et on a en permanence ce sentiment que Malcolm & Phil poussent Angus dans ses derniers retranchements à la manière d'un Let There be Rock (album) moins fougeux, plus contrôlé. Sur ces trois titres, on appréciera particulièrement le travail de Malcolm, sur qui, en compagnie de Phil, l'intégralité de l'album repose réellement.
Viens ensuite le titre éponyme, Back in Black. Ce riff, gratouillé originellement par Malcolm sur la route lors de la tournée Highway To Hell, allait partir aux oubliettes lorsque, soumis pour la forme à son petit frère, ce dernier l'adopta. Lors des premières dates du Back In Black Tour, la chanson bénéficiera d'ailleurs d'un solo différent de la version actuelle, désormais "standard". Bien qu'aujourd'hui Back in Black constitue la chanson la plus connue de l'album, on ne peut pas s'empêcher de souligner, à sa sortie, sa particularité dans sa rythmique et sa construction dans la discographie d'AC/DC.
You Shook Me All Night Long est une chanson débat. D'abord, parce qu'elle marque la véritable prise de position de Brian dans le groupe, qui malgré le scepticisme de Malcolm sur la vitesse d'élocution des paroles, su imposer la forme qu'elle revêt aujourd'hui. Ensuite, parce que, dans la sémantique crue du début de l'album (Given The Dog A Bone, Let Me Put My Love Into You..) You Shook Me All Night Long affiche une certaine finesse d'écriture, non sans rappeler... oui..bon.. fin du débat Clin d'oeil
La chanson est devenue une incontournable des set list live, faisant même office d'opener, 20 ans plus tard sur la tournée Stiff Upper Lip.
Shake a Leg se lance, et se termine à toute vitesse. On y voit presque une dernière tentative de la section rythmique de mettre Angus hors jeu, en vain. Et pourtant, ça pousse fort derrière lui.. et particulièrement juste avant son solo. La chanson aurait dû terminer l'album et figure en fin de quelques setlist papier de la tournée sans avoir a priori réellement été jouée. Il faut dire que dans sa position, Shake a Leg constitue un véritable défi à relever tant la chanson, fougueuse, semble prendre le pouvoir sur ses musiciens.

Finalement, l'album se terminera sur le splendide Rock'n'roll Ain't Noise Pollution, inspiré de la grogne grandissante des riverains londoniens contre les "nuisances" sonores émanant des pubs au début des années 80. La décision prise d'ajouter une dixième chanson, toute l'équipe de production sortit et seuls restèrent Angus & Malcolm pour travailler un riff qu'Angus avait déjà plus ou moins en stock. A leur retour, la proposition fît l'unanimité et pour dégager une ambiance particulière, Malcolm demanda à Brian de balancer n'importe quoi sur son ton religieux-professoral (qu'il affectionnait à l'imitation), le hey down all you middle men.. prenant alors naissance..
Rock'n'roll Ain't Noise Pollution met également fin au miracle faisant qu'aucun bruit d'inspiration de fumée de cigarette ne soit perceptible sur un album d'AC/DC

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Les conditions de l'enregistrement de Back in Black furent quant à elles assez particulières. D'abord, à cause de la chaleur et la moiteur des Bahamas. Ensuite, parce qu'il a fallu faire la chasse aux crabes dans le studio, car, a plusieurs reprises, leurs pas venaient perturber les prises. Et puis, l'indigestion de conques. Oui, le régime alimentaire auquel étaient réduits les membres du groupe se résumait aux conques -coquillage national- sous toutes ses formes.
Et le nouvel arrivant dans tout ça? Brian lui même, pendant l'enregistrement et à l'écoute se demandait si ce n'était pas trop haut et se posait beaucoup de questions. Catapulté en quelques jours derrière le micro d'un groupe mondialement connu a de quoi intimider. Mais, les affinités caractérielles entre lui et les autres membres du groupe lui permirent vite de prendre ses marques. Les fans eux, avaient perdu une idole, et le deuil difficile à faire, rendit l'accueil mitigé, certains boudèrent même complètement le disque avant d'y revenir une fois avoir vu l'homme sur scène.