Témoignages

Munich 17/06/2003, par Jul'

Tout à commencé le mardi 20 mai, je me souviens, c’était un mardi… non, sérieux, j’ai reçu ce jour-là une miraculeuse « acceptation de congé » pour le vendredi 23. C’est décidé, je me lance dans l’aventure Munichoise.
Départ de Mulhouse en train le jeudi 22 à 13h40. Juste avant de partir, je vérifie mes mails, à tout hasard : un ami Allemand m’explique qu’il n’y aura pas 3000 billets en vente, mais plutôt 1500 !!! Pression maximale, je manque de m’effondrer sur le clavier…
Le trajet en train est tendu… on pense à ce qui va se passer sur place, à l’éventuel échec du voyage.
Arrivée à Munich à 19h10.Temps couvert. Il a plu sur tout le trajet. Le Circus Krone est à proximité de la gare. Un quart d’heure de marche tout au plus, en face de la brasserie Spaten (mmmh !). J’ai l’air d’un barbare dans Munich. Veste ac/dc, un sac énorme dans le dos (sac de couchage, fine couverture, tapis de sol, 2 vestes polaires, un pull et une bâche de 3 mètres sur 3…) ainsi qu’un autre sac incluant nourriture et boisson… bref, la pagaille ! (vous verrez que tout cela n’est que le strict nécessaire…)

19h26, j’arrive devant la salle. Ouais, c’est bien ça, c’est fidèle à ce qu’on voit sur la photo de quelques links… seulement là, tout est barricadé. De longues barrières empêchent les fans de se mettre à l’abris sous l’avancée de toit du C.Krone. Il faudra rester sur le trottoir. A mon arrivée, il y a déjà 20-30 fans qui patientent. Tous sont Allemands (ça tombe bien, je parle pas allemand ! lol).
Quelques gars de la sécurité sont là (ils resteront jusqu’au lendemain), afin de s’assurer qu’on ne touche à rien. Ils finissent en effet de disposer 4 minces couloirs blindés (larges de 1 mètre) qui nous permettront d’accéder aux caisses vendredi midi. Les caisses se disposent à gauche et à droite de la façade, donc chacun choisi son camp pour patienter devant l’entonnoir métallique. Je choisi le côté gauche.

Un groupe m’invite à les rejoindre. Des fans de chez fans. (L’un d’eux a vu 44 fois ac/dc…). Je m’installe donc tranquillement. Il est presque 20h00. C’est décidé, je dors sur place, qu’importe le temps ! En sachant que la vente débute à midi, il me reste environ 16 heures à attendre… glourps.
Je découvre l’organisation allemande : sans faille ! Chacun a ramené son sac de couchage, sa petite chaise de terrasse, sa caisse de bière qui fait office de tabouret, des saucissons et autres saucisses fumées, des gâteaux… etc. On discute dans un drôle de langage franco-anglo-allemand. On m’offre une chaise, de la bière… c’est 100% partage ! La sono marche à fond : ac/dc Live passera en boucle jusqu’au matin, interrompu de temps en temps par quelques groupes de métal allemand.

Premiers constats : On me confirme bien qu’il n’y aura que 1000 à 1500 places à vendre. 600 autres iront chez ceux qui bossent pour ac/dc (Rodies, sécurité…etc) et 100 autres seront à gagner sur « Radio Gong » qui sponsorise l’événement. De plus, des personnes qui connaissent la salle me disent qu’elle est minuscule et que quelque soit la disposition de la scène on ne peut qu’être collé au groupe !

Vers 22h30, une pluie fine commence à tomber. On s’occupe comme on peut. On me présente à d’autres fans, je reconnais quelques fanatics déjà croisés par-ci par-là. L’ambiance est vraiment excellente. « Monsieur Strasbourg » (c’est comme ça qu’ils m’appellent) (lol) commencent à rechercher sérieusement un ami français, mais non… personne.
La nuit est très froide. (à titre indicatif : je porte un pull, 2 vestes polaires, une veste en jeans, le tout emballé dans un sac de couchage !) Le vent se lève et la pluie commence à tomber. On déplie à toute hâte les bâches. Il est 2h du mat’ et personne ne dort. La radio passe « You shook me » et nous, on patiente « all night long ». Vers 3 heures, je décide de piquer un petit somme. L’endroit est étroit et il est difficile de se coucher de tout son long, (il doit y avoir 200 personnes), mais j’y parviens finalement. Je me cache sous ma bâche et quelques sacs plastiques. Le vent froid et la moiteur du sol me font presque regretter mon aventure…

Réveil vers 5 h. Plus personne ne dors. Je rencontre enfin un fan Français (Aurélien from Strasbourg). Ça fait vraiment du bien parce que l’anglais avec des Allemands, ça va 5 minutes… Le temps passe plus vite. Il est 7 h et le personnel du C.Krone commence à vendre cafés et petits pains.
Beaucoup de blabla…. Divers et variés.

10h00. Tout s’accélère très vite ! Les fans les plus intéressés sont arrivés hier soir ou au petit matin. Une longue file d’attente va jusqu’aux coins des rues adjacentes. Il faut ranger les chaises, et mettre les sacs derrière les barrières. Tout le monde est debout et ça commence à pousser sévère. Impossible à présent de bouger ou de s’asseoir… le personnel de sécurité est très présent. 11h : Le responsable de la sécurité explique le plus sérieusement du monde à la foule qu’aucun billet ne sera vendu tant que toutes les bouteilles vides et les papiers qui traînent à terre ne seront pas ramassés… Il joue avec nos nerfs. On nous distribue un papier : « Pour avoir un ticket, il faut un passeport ! »… je suis à 1 mètre du couloir qui mène aux caisses. Les esprits s’échauffent, le soleil cogne à présent… tout comme les bières que certains ont ingurgitées à haute dose. ON VEUT UN BILLET !!! les photographes nous flashent, les radios présentent nous interrogent… y’en a marre on proteste ! Certains font des « @!#$ » aux photographes.

12h pile !! : les rideaux de fer des caisses se lèvent. Tout le monde pousse. On est scotché à la barrière. La vente se fera comme suit : On se dirige vers la caisse un à un,en montrant son passeport au securityman qui régule comme il peut la poussée humaine.
C’est très très très lent. J’ai mis 25 minutes pour faire un mètre !!! La croix Rouge est sur place. Beaucoup de personnes tombent dans les pommes… 12h26, je passe l’entonnoir et accède à la caisse. LIBERATION. Le caissier me donne un papier jaune de 21 cm sur 15 où il marque au préalable mon numéro de carte d’identité, mon nom et mon prénom. Ce papier jaune est valable pour un ticket d’entrée. On m’explique que je dois impérativement venir le 17 juin avec ma carte d’identité. Sur le papier il est écrit :

Berechtigungsschein
Gültig für 1 Eintrittskarte
AC/DC
München 17.06.2003
Circus Krone 20.00 Uhr

Je suis libéré. J’attends encore quelques amis. On se congratule, chacun prend l’autre dans ses bras. On est tous potes. C’est le bonheur. On se donne rendez-vous le 17 juin. Il faut retourner à la gare… déjà.
La foule qui se presse aux abords du Circus Krone est impressionnante ! je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y avait 5000 personnes, mais au moins 3500 / 4000 personnes vers 12h30. Ce qui était terrible c’était de voir tous ces gens patienter et de savoir que pour faire passer 10 personnes à 2 caisses, il fallait au moins 25 minutes !! (soit 5 minutes par personne !!!). Terrible !

Je suis donc reparti vers la gare avec mon ami Aurélien. Juste le temps de boire une bière et nous voilà partis vers Strasbourg. La fatigue prend le dessus. Nerveusement, physiquement épuisant… mais ça valais le coup. C’est sûr ! Un rêve va bientôt se réaliser : AC/DC back in ’76-’77.

Voilà, je vous ai tout dit, j’espère que c’est pas trop long.
A+ !

je ne sais absolument pas combien de tickets ont été finalement vendus, il a fallu que je m'en aille vers ma région d'origine...


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Alors comme promis, je vais vous narrer la seconde partie de mon périple Munichois… parce que c’est vrai quoi, dormir sur un trottoir pour un billet de concert ça mérite récompense !!… Et quelle récompense ! Ce mardi 17 juin restera gravé dans ma mémoire un sacré bout de temps…

Je pensais arriver à Munich ce mardi 17 vers midi, histoire de parler avec tous les fans rencontrés il y a quelques semaines de cela. Finalement, j’ai décidé de retarder mon départ et de prendre mon temps. En effet, il fallait que je rentre dans la nuit afin d’être présent au travail le 18 à 8 heures pétantes !!
Donc, départ de l’Alsace vers 9h30… des bouchons sur les autoroutes Suisses (comme d’hab’ !) (C’est l’un des rares pays à développer ce que j’appelle le complexe du Playmobil, c’est à dire que comme des gamins, ils s’inventent des vrais-faux chantiers, se montent des histoires de déviation… bref, bidon !)… 1 heure et demi de perdue… j’arrive à Munich vers 15 heures.

A ma grande surprise, il n’y a pas foule. Les 50 personnes déjà présentes se promènent, vont boire quelques bières…etc. Mais avant cela, il faut échanger l’« Officielle feuille jaune » où figurent nos nom et numéro de passeport contre de jolis bracelets : vert (accès en salle) + rose (front of stage – limité…). Au guichet, on me donne donc un bracelet vert… « ok, mais je veux aussi un bracelet rose ! »… sitôt demandé, sitôt exaucé, voici que la charmante Heike s’excuse et me donne ce qui sera un pass pour un concert de folie. Muni de mes deux bracelets, un sourire jusque oreilles, je prends place dans la file d’attente (à gauche, comme la dernière fois). Il y a au maximum 10 personnes devant moi. Il est 16 heures. Mal Y (Aurélien) arrive de la gare et réussi lui aussi à se procurer (en insistant) un accès « front of stage ». On discute de poupées et de mode… non, je déconne ! On discute d’AC/DC, of course ! Impossible d’y échapper ! La pression commence à monter. Qu’est-ce qui nous attend dans ce Circus Krone ?…

18h00 : Ouverture des portes en douceur. Personne ne pousse, c’est très calme. On passe le barrage de fouille avec chacun un appareil photo bien planqué où il faut…
En à peine 30 secondes, nous voilà dans la salle. Stupéfaction ! Comme l’a dit Something B.B. qui a vu les Stones au même endroit une semaine avant, c’est vraiment un cirque à l’ancienne. L’armature du plafond est en bois et le lieu est vraiment intimiste. On est tellement loin des arenas et autres stades ! A peu près 2000 personnes vont se masser ici… difficile à expliquer. La cloche Hells Bells est juste au dessus du public, au centre de la salle.
Je prend place dans la fosse et me cale en second rang, juste derrière une fille (…), au centre de la scène. Une scène que l’on peut presque toucher ! 1 mètre 50 nous sépare d’elle. La batterie de Phil doit être à environ 4 mètres de nous ! Maintenant, il va falloir patienter jusqu’à 20 heures. Il fait très chaud dans le Circus, c’est pourquoi les portes restent ouvertes vers l’extérieur. Un gars du staff technique nous explique que le show sera filmé en vue d’une prochaine sortie vidéo… ( ?)

20h00 : Le public chante, fait la « Ola », crie le nom d’AC/DC, d’Angus… c’est impressionnant. Les lumières s’éteignent… c’est le groupe de premières partie… « pipeau ». Que des filles : 1 batterie 1 synthé, 1 guitare, 1 basse, 1 saxophone, 1 tam-tam… j’oublie quelqu’un… Ah ! la chanteuse… terriblement chiante ! « Are you ready for ac/dc ? » réponse : la salle se soulève en hurlements. « Are you ready for us ? » réponse : silence. Je peux seulement vous dire qu’elles ont tenté de reprendre une Sympathy des Stones… le reste, je sais pas, parce que j’étais plongé dans le jeu subtil et délicat de la jolie batteuse qui a répondu à mon sourire… alors je me disais que la barrière de la langue n’existe pas et qu’on s’achètera une belle maison tous les deux, qu’on sera heureux…

20h50 : La salle est prête à recevoir AC/DC. Tout est en place. La première partie n’a durée que 30-35 minutes (si ma mémoire est bonne). J’ai la trouille. Je stresse comme un fou de savoir qu’un de mes rêves va se réaliser dans quelques minutes…

20h56 : Les lumières s’éteignent, je vous épargne les détails concernant l’ambiance. Comme à Berlin, le groupe rentre calmement sur scène, une cigarette à la bouche. Angus nous lance un petit regard malicieux… BOOM le rouleau compresseur se met en marche. A chaque fois que je vois ac/dc live, il y a toujours un petit goût, un petit parfum singulier, et là ce soir, pour mon 12ème concert d’ac/dc, je sens que ça va donner !!

1 Hell ain’t a bad place to be
2 Back in black
3 Stiff upper lip
4 Shoot to thrill
5 Thunderstruck
6 Rockn’roll damnation (Waouw ! le son !)
7 What’s next to the moon (idem)
8 Hard as a rock
9 Bad boy boogie
10 The jack
11 If you want blood
12 Hells bells
13 Dirty deeds done dirt cheap
14 Rockn’roll ain’t noise pollution
15 TNT
16 Let there be rock
17 Highway to hell
18 For those about to rock
19 Whole lotta Rosie

Au contraire des concerts stoniens où tout appareil photo est interdit, ici, c’est autorisé. On s’en prive pas ! J’ai fait 35 photos et Aurélien en a sans doute autant.

Entre les chansons, le public hurle à qui veut l’entendre « Harder than a stone ». ça fait marrer Brian.
Le groupe est vraiment en grande forme. Est-ce pour les caméras qui filment le show ? peut-être… mais quoiqu’il en soit, le groupe ne semble pas se forcer ! Il vit ses chansons sans réfléchir donnant le meilleur. Angus est démonstratif et arpente la scène en faisant son fidèle duckwalk ! Pas un détail ne nous est épargné. Les gouttes de sueur qu’il envoie en secouant la tête percent les faisceaux colorés des lights. Pareil pour les autres qui ruissellent littéralement. Le groupe est en plein climax. Sérieux, j’ai jamais vu ça ! Il faut essuyer les guitares, changer de t-shirt régulièrement, boire beaucoup… beaucoup boire, surtout pour nous qui crevons de soif. Les gars de la sécurité nous donnent quelques gobelets ou nous versent de l’eau sur la tête… et pendant ce temps, le groupe déroule sa playlist, pur bijou de condensé et de force. L’essence d’ac/dc est sur scène. Pour moi, aucun morceau ne se détache du lot tant le show apparaît compact et bien ficelé.

A la fin de for those, les techniciens arrivent et débranchent les amplis de Mal’… triste fin se dit-on. Alors on donne de la voix, on en redemande, malgré la fatigue et les douleurs qui commencent à se faire sentir dans la nuque, les bras, les pieds… Bob Wein, le responsable de la sécurité interview auprès du staff et leur demande de rebrancher le matos… une minute plus tard, la lumière s’éteint… c’est reparti pour 6 minutes de folie. Ac/dc nous assène d’un dernier morceau dynamité. Derniers riffs de Whole lotta Rosie. C’est fini. Le groupe a une fois de plus gagné son combat par KO.

En attendant les prochains concerts…

Après concert : juste le temps de prendre des photos de la scène, de saluer Aurélien et quelques fans allemands, de prendre en photo la façade illuminée du Circus… qu’il faut déjà partir. Au volant de ma petite 106 color line, je me descends un litre de thé noir et un demi de coca (histoire de tenir le trajet éveillé)… mes oreilles bourdonnent de bonheur… les images défilent… c’est bon.

MERCI AC/DC !
LET THERE BE ROCK !

Jul'

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