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Cliff Williams (fin 1996 après le Ballbreaker Tour)

Comment as-tu accueilli le retour de Phil ?
Très bien, j’aime vraiment jouer avec Phil. Les deux batteurs qui l’ont remplacé dès 1983 étaient des bons musiciens, mais avec eux, on a juste essayé de recréer le jeu de Phil. Simon Wright a remplacé Phil juste après les sessions d’enregistrement de Flick of the Switch, puis Simon a été remplacé par Chris Slade qui est un excellent musicien mais aucun d’eux n’est parvenu a nous faire oublier le vrai. Il n’y a qu’un seul Phil Rudd.

Quelle difference cela faisait-il au niveau groove ?
Phil c’est la définition du groove. Son jeu est simple, comme le mien, fort et fiable. Chris Slade était plus un technicien, un requin de studio. Simon il….connaissait toutes les chansons ! (rires) Son jeu était également simple mais...ce n’était pas Phil Rudd…Le jeu de Phil est exactement ce dont nous avons besoin, et en plus, il a ce sixième sens…un feeling naturel

Ballbreaker a des chansons, qui dans un sens, nous rappelle les albums des années 70
On voulait faire un bon album…et c’est ce qu’on a fait. Nous avions retrouvé notre line-up rythmique des premiers jours, le vrai ACDC. La réalisation de l’album a été difficile. On a commencé à enregistrer aux Record Plant Studios de New York, mais on était pas satisfaits du résultat. Beaucoup de musiciens nous avaient dit que c’était un bon studio pour enregistrer les parties de batteries, mais on a essayé la batterie dans chacune des pièces sans arriver a atteindre un son décent. On a même mis des tapis sur les murs et une tente sur le kit de batterie pour obtenir un son plus ‘live’ mais on a fait que perdre deux mois de plus. La seule chose positive c’est qu’on connaissait les chansons par cœur. Alors, nous avons choisi l’Ocean Way studios de Los Angeles

Le son en live d’ACDC est-il si difficile a mettre sur bande ?
Pas vraiment, on a toujours enregistré live, en jouant tous les quatre, ensemble. On enregistre la base des morceaux, l’ossature, puis Angus ajoute ses parties de guitare. Comme le temps passait, on a essayé de se donner le rythme en claquant des doigts mais avec Phil ça ne sert a rien. Pour Ballbreaker, on a mis toutes les enceintes dans des pièces différentes. Malcolm, Angus et moi jouions dans une même petite pièce avec des vitres de sorte de pouvoir voir Phil qui jouait dans la pièce principale.

C’est important de toujours garder un œil sur Phil ?
Oui, il faut que je puisse en permanence le voir, j’ai besoin de savoir a quel moment il va frapper ses cymbales, sinon, on perd le contrôle.

Avez-vous gardés les premiers enregistrements ?
Ce n’est pas impossible. Rick Rubin nous a fait enregistré environ 50 fois chaque morceau pour obtenir une bonne dynamique et nous gardions celles sur lesquels on avait le plus de feeling. Puis parfois, quand on avait la chanson terminée, on changeait complètement d’avis. C’était un peu perturbant et je pense qu’on aurait perdu le ‘feu sacré’ en jouant ces morceaux encore et encore.

Est-ce que Malcolm et Angus écrivent la grosse partie des morceaux ?
Oui, ils arrivent aux studios avec un tas de cassettes bourrés de riffs qu’on épluche un par un. La plupart du temps, ils savent exactement ce qu’ils veulent au final et on fait tout pour aller dans leur sens. En ce qui concerne mes parties de basse, ils ont en général une bonne idée de ce qu’ils attendent de moi ou ils ont même déjà écrit une ligne de basse que j’essaie de jouer de mon mieux. Ou alors, j’écris moi même la ligne de basse en me basant sur les pistes déjà enregistrées, batterie et guitare. Je leur donne ce qu’ils veulent et ça ne me pose aucun problème parce que j’aime jouer simplement. Je ne me sens jamais en colère ni prisonnier.

Depuis toutes ces années, tu portes sur scène quelque chose sur ton bras droit et tes doigts son plein de sparadraps. La basse est-elle si dangereuse ?
Je simule (rires). Non, je protège ma main droite parce que ma guitare blesse mes doigts. L’ongle de mon index saute régulièrement. En ce qui concerne le bandage, c’est dû à une cicatrice d’un accident que j’ai eu quand j’étais jeune. Juste à ce niveau, ma peau est fragile et s’enlève facilement. Porter un bandage m’évite ce désagrément.

Au fait ; comment as-tu rejoins ACDC ?
J’ai reçu un coup de fil d’un copain qui m’a dit qu’ACDC cherchait un bassiste. Ils n’étaient pas satisfait avec leur actuel (Mark Evans) et les gars du groupe pensaient qu’ils avaient plus de chance de trouver leur oiseau en Angleterre plutôt qu’en Australie parce qu’il y avait un plus gros vivier. J’ai passé une audition à Victoria, dans une petite pièce. Les premiers morceaux que j’ai joué avec eux étaient Live Wire et Problem Child et si je me souviens bien, quelques vieux blues des familles. Le manager du groupe m’a dit peu de temps après que j’avais le job. L’idée était que je quitte l’Angleterre pour l’Australie pour enregistrer Powerage mais j’ai eu des démêlés avec le service d’immigration australien. En fait, le gars qui traitait mon dossier m’a dit « je vois pas pourquoi un anglais a le job. Un australien aurait très bien pu aller. ». Donc j’ai eu plein de problème, mais j’ai finalement pu rejoindre l’Australie.

Quelle est la chanson que tu as particulièrement aimé jouer sur ce Ballbreaker tour ?
Down payment blues parce que c’est incroyablement facile. En fait, sur ce morceau, je ne joue que quatre notes dans toute la chanson mais je prend un pied terrible.

Certains disent que le ballbreaker tour serait le dernier.
Non, aussi longtemps que le public nous voudra et qu’on ait la pêche, il n’y a pas de raison pour qu’on s’arrête. ACDC est la plus belle chose qui me soit arrivé donc j’espère de tout mon cœur que l’on va continuer. Les concerts sont bons, et les kids se régalent. On prétend pas donner quelque chose d’intellectuel et de profond…juste du bon rock’n’roll !

 

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