Interviews & Articles

Phil Rudd (Rock Hard, Juin 2001)

Le mag est d'ailleurs toujours dipso à cette adresse :

ROCK HARD
189, rue St Denis
75002 PARIS
Il contient un CD assez intéressant :

Piste Audio :
1 - dave evans: rock'n roll singer (live)
2- The dandy Warhols: Hells Bells
3- Scottland: Down payment Blues
4- Tribute to ac/dc: Hell ain't a bad place to be
5- Die Krups: It's a long way to the top

Piste CD Rom :
1- Dedicace Virgin megastore Paris 2000
2- Inauguration de la RUE AC/DC à Madrid
3- Pause fun durant l'enregistrement de l'album Stiff upper lip aux Warehouse Studios, Vancouver 23.08.1999
4- Spot de PUB TV STIFF UPPER LIP
5- Galerie Photos 2000/2001


Philip Hugh Norman Witschke (alias Phil Rudzevecuis dit « Phil Rudd ») naît le 19 Mai 1954 à Melbourne. Il rejoint AC/DC en Janvier 1975 et enregistre pas moins de dix albums (T.N.T., High Voltage, Dirty Deeds Done Dirt Cheap, Let There Be Rock, Powerage, If You Want Blood, Highway To Hell, Back In Black, For Those About To Rock, Flick Of The Switch) avant de prendre douze années de vacances sabbatiques non loin de Tauranga, en Nouvelle-Zélande, période durant laquelle il est remplacé par Simon Wright puis Chris Slade. En 1995, l’homme fait, à la surprise générale, un come-back fracassant avec l’album Ballbreaker et remet le couvert cinq ans plus tard sur Stiff Upper Lip à la grande joie des fans. Seulement voilà, Mister Rudd, s'il cogne dur, ne parle pas beaucoup. Plus timide, tu meurs. Quatre ou cinq interviews ces six dernières années. Au plus. D’où le caractère événementiel de cet entretien d’une quarantaine de minutes que le batteur nous a récemment accordé et dans lequel il se lâche comme jamais. Toujours sûr de sa force tranquille.

Rock Hard : Il paraît que tu es né à l’arrière d’une camionnette, à Surrey Hills ?
Phil Rudd : (rires). C’est pas tout à fait exact puisque mes parents ont eu le temps d’arriver à l’hôpital… Mais ils m’ont raconté que mon père avait vraiment dû mettre le turbo pour que ma mère n’accouche pas dans la voiture. Ou plus exactement, le camion de déménagement qu’ils avaient à l’époque. Ca s’est joué à pas grand chose…

Que te reste-t-il de ton enfance en Australie ?
Les souvenirs classiques, l’école, le sport … Rien que de très conventionnel.

Parle-nous de ton premier kit de batterie ?
C’était un kit japonais, de marque BOSTON, il m’avait coûté 250 dollars (Ndlr : environ 1.750 Francs). Je me l’étais offert après avoir touché mon premier salaire. Je travaillais à l’époque comme apprenti dans une boite spécialisée en air conditionné. J’avais une formation d’électricien et je concevais les tableaux électriques. J’avais également bossé comme peintre auparavant. Pour revenir à la batterie, je me sentais physiquement attiré par cet instrument quand bien même ma famille n’était pas vraiment branchée musique.

Adolescent, quels batteurs idolâtrais-tu ?
Ringo Starr, bien sûr - vu le succès des Beatles, comment aurait-on pu lui échapper ? - et quelques autres que je découvrais sur albums. Certains titres, pas forcément des disques entiers, me titillaient, car ils renfermaient cette petite étincelle de magie qui me bouleversait : l’un d’eux était « Tin Soldier » des Small Faces (Ndlr : numéro 9 des chants anglais en Décembre 1967, Phil Rudd était alors âgé de 13 ans). Whoah, j’adorais ce redémarrage syncopé de Kenny Jones après le break du milieu de morceau. J’aimais également Simon Kirke (Free) et plus encore Corky Laing (Mountain) pour leur capacité à garder le tempo tout en frappant, comme des mules. Pas très tape à l’œil mais diablement précis et puissants.

As-tu suivi des cours ?
Non. Dès le départ, j’ai appris à jouer à l’oreille. Ce n’est que plus tard que j’ai pris UN cours. J’ai trouvé ça plutôt intéressant, mais pas suffisamment physique pour moi. Je voulais jouer, jouer, tout de suite, à l’instinct, et non perdre du temps à apprendre la théorie. Je n’avais rien à faire de cette avalanche de constructions et de rythmes qu’on vous inculque si vous suivez la voie « classique ». Surtout, je n’avais pas la patience e répéter encore et encore, de faire des gammes. Moi, tout ce qui m’intéressait, c’était de botter des culs (sourire) ! Je me suis donc contenté, dans un premier temps, de rester chez moi et de jouer en écoutant des disques sur un petit électrophone bon marché. Mais rapidement, lors d’une party, j’ai croisé deux autres mecs, un bassiste et un guitariste, et je suis allé leur proposer mes services : « j’ai comme l’impression qu’il vous manque quelqu’un ! « Et j’ai, dans la foulée, rejoint mon premier groupe.

Tu veux parler de Charlemagne ?
Oui, tout à fait. Le bassiste avait opté pour ce nom car il était dingue d’histoire militaire. J’ignorais qui était Charlemagne, mais ça sonnait bien. Pour moi, c’était l’essentiel. Nous ne disposions pas vraiment de matériel oriinal alors nous nous contentions de piocher dans le répertoire rock : Free, les Small Faces, Humble Pie, etc …. Notre guitariste était très influencé par Peter Frampton. Nous écoutions nos albums respectifs et nous choisissions telle ou telle reprise pour son caractère original, le fait qu’aucun autre groupe ne la joue. Nous avons donné quelque concert dans des endroits minuscules, des cafés, des fêtes. Je me souviens que nous entassions notre matériel dans le coffre d’une vieille américaine. Enfin, je jouais avec d’autres personnes. Nous répétions chez moi tous les week-ends. Mes parents nous laissaient la maison et allaient se planquer ailleurs (rires). Nous nous entendions bien, nous avons franchement passé d’excellents moments, j’en garde de très bons souvenirs. J’ai joué avec eux pendant un an au moins, mais un an plein durant lequel nous n’avons pas chômé. Si ma mémoire me trahit pas, je crois que nous nous sommes arrêtés parce que le guitariste du groupe voulait devenir pilote d’avion et que cela lui prenait de plus en plus de temps. Trop en tout cas pour que nous puissions décemment continuer.

Par la suite, tu as rejoins Buster Brown, basé à Melbourne ?
Oui, ça a été la seconde étape. J’étais toujours à l’école à l’époque. Mais j’ai dû arrêter rapidement pour trouver un boulot. Mes parents ne pouvaient pas me payer un nouveau kit et il m’a donc fallu bosser pour parvenir à réunir la somme nécessaire.

Il me semble que ce groupe s’était également appelé Coloured Balls ?
C’est exact. Coloured Balls était le nom de la première mouture du groupe. Antérieur à celle dans laquelle je jouais qui s’était vue rebaptiser Buster Brown. Cette première version était plus heavy, branchée picole, totalement déphasée, sauvage, pour ne pas dire suicidaire tandis que nous, nous nous contentions de prendre du bon temps. J’ai tout de même eu le temps de donner un concert avec Coloured Balls. Nous n’avions pas répété, je ne connaissais aucun de leurs titres, je me suis assis sur mon tabouret et c’était parti (rires).

Les futurs chanteurs et bassistes de Rose Tatoo, Angry Anderson et Geordie Leech jouaient à tes côtés dans Buster Brown. Angrie avait même des cheveux à l’époque !
(Rires) Des cheveux, des cheveux, c’est vite dit ! ! Il en avait déjà perdu pas mal. Nous avons enregistré un album ensemble (Ndlr Something To Say, sortie en Septembre 1974, en Australie uniquement, sur le label « Mushroom ») Mais j’ai très rapidement décidé de quitter le groupe. Trop de coups bas …. L’argent que nous gagnions était dépensé dans des choses dans lesquelles il n’aurait pas dû être dépensé. Alors je me suis pris la tête avec le management merdique qui prétentait s’occuper de nos affaires, il fallait s’y attendre, je me suis fait viré illico presto.


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