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Des gouts et des couleurs (extrait du livre AC/DC de Thierry Chatain, 1982)

Vous trouverez ci-après la retranscription du chapitre 7 du livre « AC/DC » de Thierry Chatain, première édition, paru en 1982, et qui fût pour beaucoup le premier livre disponible consacré aux boys. Intitulé « des goûts et des couleurs », il rapporte des avis sur le groupe. Cocasses, hauts en couleur, jubilatoires, drôles et parfois un rien provocateurs et rétrogrades. Privilège des plus grands ! Un vrai document. Sydney76.



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r_F_1977.jpg*« La dernière fois que j’ai vu Ted Nugent, il m’a dit « Tu ne crois tout de même pas à ces bobards ? Le guitariste d’AC/DC, j’ai tourné avec lui, malgré sa casquette et son short, il a au moins 23 ans ! » Bham ! Autant pour la légende… Il a peut être cet âge là, mais il connait tous les trucs ». Et ce troisième album est superbe. Haute énergie et adrénaline musique. » Philippe Manoeuvre, Rock&Folk, novembre 1977 (chronique de Let there be rock)


  • « Les AC/DC sonnent comme s’ils avaient suivi un cours Linguaphone de vocabulaire hard-rock, et ils sont forts pour singer leurs mentors, sans rien dire individuellement. On ne peut nier qu’ils essayent de produire beaucoup d’énergie, mais les fusibles de leurs amplis s’ennuient probablement trop pour sauter. »

Bob Edmands, New Musical Express, juin 1978


  • « La subtilité de l’album Dirty Deeds, sa particularité et sa crudité hilarante semblent avoir été oubliées au nom de l’opportunisme ; l’effet, aussi bien en scène que sur disque est qu’AC/DC ne joue plus de chansons, mais plutôt un conglomérat désordonné de gimmicks audio-visuels.« Cependant, le groupe a plusieurs atouts compensateurs, le moindre n’étant pas Angus Young et ses imitations écolières stratégiquement placées. Gimmick ou non, les mouvements giratoires déments d’Angus, sur scène et en dehors, équivalent à l’un des spectacles les plus stimulants que fournisse le rock’n roll. Qui plus est, son jeu de guitare en mouvement est si impressionnant qu’on se demande ce qu’il pourrait parvenir à faire immobile. »

Emma Ruth, New Musical Express, juin 1978.


  • « AC/DC, dont voici le quatrième album, joue le rock tel que les américains, trop occupés à danser le samedi soir, ne savent plus le faire. Powerage n’est pas de ces albums enregistrés, vison sur l’épaule et poule de luxe au bras, entre deux parties hollywoodiennes, mais unes de ces comètes électriques qui remportent d’emblée l’adhésion totale de l’auditeur et lui arrachent le sourire heureux qui témoigne d’une profonde joie. AC/DC n’a peut être pas inventé la poudre, mais il y met le feu, et dans le genre qu’il pratique cette grâce là vaut tous les brevets d’inventeur. Quelle conviction ! Ou plutôt : ce talent ! »

Benoit Feller, Rock&Folk, juillet 1978 (chronique de Powerage)


  • « Il est aisé pour les puristes intellectualisants de se gausser de ce groupe ; ils ne sont ni des innovateurs musicaux ni des suiveurs de mode. Mais alors que tant des « plus grands groupes du monde » poids lourds sont assis sur leur derrière, AC/DC est hors de la tranchée et s’en donne à cœur joie, menant la ,charge sous la bannière du bon vieux rock’n roll. C’est peut être bien du boogie jusqu’à faire saigner les oreilles des plus familiers, mais ils le jouent avec une conviction, une vitalité et un sens du fun tels que même le sceptique le plus endurci ne peut s’empêcher d’être emporté dans la tourmente. »

David Lewis, Sound, octobre 1978


  • « Aussi subtil et calmant qu’un coup de rangers dans l’entre-jambes, aussi doux et relaxant qu’une soudaine attaque de Saint-Guy ; aussi compliqué et poétique qu’une brique qui tombe. AC/DC est coupable (ou digne, cela dépend de votre point de vue) de toutes ces descriptions. »

Geoff Barton, Sounds, octobre 1978


  • « Qu’AC/DC soient des dinosaures ressuscités, qu’ils soient contemporains ou qu’ils aient plusieurs longueurs d’avance est à côté de la plaque. En prenant tous les clichés et métaphores démodés du heavy rock, en écartant chaque gramme de graisse inhérent au genre, et en fondant ces ingrédients avec aplomb, simplicité et facilité trompeuse en un tout dynamique, ils ont créé une esthétique qui leur est propre. »

Rick Joseph, New Musical Express, juillet 1979.


  • « Comme l’homme à qui l’on demande pourquoi il veut escalader une montagne et qui répond : « parce qu’elle est là », je suis attiré par ce quintette dépravé simplement parce qu’il est là, une fois de plus, et parce qu’au milieu de cet univers en perpétuel changement on peut lui faire confiance pour être le même que la fois d’avant. Ils rockent dur, ils font du boogie sans souci, ils sortent astucieusement le même album chaque année avec une pochette différente pour abuser ceux qui ont l’esprit lent. AC/DC est un truc merveilleux. »

Sylvie SIMMONS, Sounds, octobre 1979


  • « Angus Young est un guitariste limité qui alterne entre les vrombissements d’une batterie des dentistes s’exerçant au maniement de la roulette et les hurlements de leurs patients. C’est son apparence et son comportement qui excitent le public (et le poussent à psalmodier son nom à la moindre occasion), plus qu’aucun chef-d’œuvre de virtuosité à la guitare. »

Ian Ravendale, Sounds, novembre 1979.


  • « Angus Young d’AC/DC porte bien sûr des culottes courtes et un uniforme d’écolier, ce qui, comme tentative d’humour, est ironiquement approprié. En tant que guitariste, son unique qualité est l’énergie, mais il doit y avoir de meilleures façon de l’employer que de traverser la scène comme une flèche, en cabotinant plus que quiconque depuis Rod Steiger dans Waterloo. Ce que cette musique a à voir avec le rock’n roll n’est même plus une question qui vaille d’être posée. C’est clairement une sous culture en soit et ses fervents ne désirent ni ne méritent mieux. C’est leur monde et grand bien leur fasse. »

Stuart Johnston, New Musical Express, novembre 1979


  • « AC/DC a la chair électrique, c’est tout. Cela veut dire qu’il donne le plus pur plaisir rock’n rollien sans exiger de celui qui vient le voir d’adhérer à une mode ou une image déterminées. AC/DC, c’est l ‘absolu du rock adolescent, ni plus ni moins. Tempo simple, fureur constante, joie de remuer, sensation de puissance libérée, grimace narquoise au monde en alu brossé des adultes et des snobs, tout est là ; du rock sans alibis. »

Hervé Picart, Best, février 1980.


  • « L’un dans l’autre, écouter AC/DC live est comme de regarder quelqu’un se fourrer les doigts dans le nez pendant une heure et demie. C’est révoltant à ce point là. Pour du heavy metal, ce n’est pas un mince compliment. Au moins ils n’essaient jamais de se prendre pour des sex-symbols à la Van Halen. A la place, ils veulent simplement laisser filtrer le sentiment qu’ils se tiennent à table comme Helen Keller (1). Et dans la mer de simulateurs vaseux du Heavy metal, le fait qu’AC/DC atteigne ce but les place à des kilomètres devant le peloton. »

(1) L’héroïne sourde, muette et aveugle de « Miracle en Alabama », le film d’Arthur Penn. Jim Farber, Sounds, août 1980.


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  • « AC/DC est le premier rock’n roll band, tous leurs textes ne parlent que de sexe, de drogues et de rock’n roll, et ils sont parfaits. »

Rick Nielsen (guitariste de Cheap Trick), septembre 1980.










  • « AC/DC est le genre de groupe gargantuesquement détestable qui vous rend vraiment certain que quelque cauchemar apocalyptique est juste au coin de la rue ; si TANT de gens sont TELLEMENT Jobards, alors ça vous donne vraiment envie d’abandonner. »

Dave Mc Culloough, Sounds, septembre 1980.


  • « Il est assez inspirant, vous devez l’admettre, que l’idole indiscutés de la scène heavy metal ne soit pas un divin guerrier cosmique, mais un marmot hypnotiquement grotesque qui semble perpétuellement en proie à une attaque d’épilepsie. Le personnage scénique d’Angus Young est doublement trompeur : son déguisement d’écolier permet une immersion absolue dans le rôle du guitar-hero. Il peut se laisser aller à un fantasme sans avoir à l’incarner.Young est un guitariste incroyable ; pas très original mais qu’est ce que cela a à voir ? Cette déité enfantine du Monster of Rock –la seule chose de tout le programme à seulement approcher du mal possible signifié par le heavy metal- ne commet jamais une erreur. Son timing, la simple façon qu’il a de tenir la note sont étonnants. Il possède une espèce d’omnipotence ; la scène est le sol de sa nursery, où il peut faire ce qu’il veut, y compris un strip-tease pour rire.Ce qui est peut être le plus important, c’est que le seul moyen d’expression d’Angus Young est sa guitare ; comme Harpo Marx, il est muet, enfant sauvage étranger du rock’n roll. Son jeu est une forme de possession, et le public devient une simple expression des émissions de la guitare, avide entre ses coups répétés. Angus Young est ce qui se passe, quand, à force de désespoir et de frustration, la jeunesse en appelle une fois de plus au monstre du métal pour la sauver de la réalité, ce n’est pas aussi simple que cela l’est la première fois. »

Barney HOSKYNS, New Musical Express, 2 août 1981 (compte rendu de Donington 81)


  • « AC/DC ? Je n’ai rien contre. Je n’ai aucun disque d’eux chez moi parce que je n’aime pas le hard rock et que de les entendre à la radio me suffit. S’il n’y avait qu’eux dans le hard, ça irait, au moins ils sont marrants. »

Kent Cokenstock (Starshooter), novembre 1981.


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  • « Ces groupes de heavy metal n’ont rien d’artistique, à part quelques-uns. J’ai entendu le nouvel AC/DC, la production est super ! C’est quasiment du Phil Spector ! Ce son de batterie ! »

Joey Ramone, décembre 1981.







  • « AC/DC est un groupe de hard-rock australien dont le principal but sur cette terre est apparemment de choquer quiconque est à portée d’œil ou d’oreille. Ils réussissent sur les deux tableaux. »

Rolling Stone Record Guide


  • « Ils sont drôles ces cinq australiens. Ils font un hard rock tellement dur, agressif, qu’on les imaginerait volontiers bardés de cuir et de ceintures à clous. Pourtant, ils sont habillés en gentils collégiens. Le lead guitar Angus Young a même des culottes courtes. »

Guide Akaï des disques Jazz Blues Pop Rock 1982.