Temoignages

Landslide a Saint-Denis

Avec une certaine émotion j’ai retrouvé mes photos du concert au SDF le 22 juin 2001.
Et là comme par magie (effet scoubidou) plein de souvenirs me reviennent.
Ces photos, j’étais certain de les avoir perdue pour de bon, impossible de remettre la main dessus depuis…17 ans ! il m’aura fallu l’occasion d’un déménagement pour les retrouver au milieu de mes cassettes de WASP, Renaud, Vulcain, Memphis Slim…
Putain de larme à l’œil et l’Australie sur mon caleçon.
Alors ni une ni deux j’me dis qu’il fallait en faire profiter la communauté H2.

Voici donc la review de Landslide du fameux concert RIDE ON.

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Mon histoire commence à la fin de l’hiver 2001, un ami de Grenoble me téléphone sur mon Nokia 3210 à coque marron pour me dire qu’il a pris sa place pour le concert au SDF et qu’il s’apprêtait à en prendre une pour moi. J’hésite un peu car niveau tune, ça fait un moment que je ne mange que des pâtes.
Bon ok je lui dis oui. (On se poserait même plus la question maintenant).

21 juin 2001 : Je suis à la fête de la musique à Grenoble, j’écoute un groupe qui reprend HTH. Rien d’exceptionnel, mais l’envie de gueuler : « demain matin, je prends le train direction gare de Lyon pour voir les vrais ».

22 juin 2001 : me voici dans le train avec mon pote. J’ai les clés de l’appart d’un ami à Bastille, une paire de médiators au fond des poches de mon 501, mon ticket accompagné de ma carte 12-25, mon billet de concert, ma veste à patch et une putain d’excitation. Point.
J’ai aussi 50 francs, mon pote doit avoir autant.
On jalouse les gars qui sont au bar TGV.

Arrivé en fin de matinée à gare de Lyon, on file au SDF. C’est notre première fois avec mon pote (d’aller au SDF). Je suis certain d’y avoir croisé Jul’. On ne se connait pas.

On a soif, on claque tout. Problème : c’est le début de l’après midi, plus de tune et va falloir tenir jusqu’à ce soir. On calcul rien et c’est tant mieux.

Landslide_SDF2001_3.jpgOn discute avec des gars, dont un gars bien éméché qui nous raconte avoir vu Bon Scott je sais pas où. Tout le monde s’en tamponne. C’est étonnant mais lorsqu’on attend des plombes avant un concert, y a toujours une épave qui n’arrivera pas à passer les barrières.

Ça y est on rentre. J’ai réussi à me caller bien profondément mon appareil photo et à passer la pseudo fouille d’entrée. On est en 2001. Je cours comme un dératé jusqu’à la barrière. J’me vautre. Personne ne m’a vu ?... si, si tout le monde :mrgreen: . A noter que le caillebotis qu’ils ont posé brûle bien. Nous voici collé à la barrière. Je prends une photo en arrivant, on peut voir que les gens sont tranquilles.

Première partie The Offsprings. Je déteste ce groupe. C’est ainsi, j’ai pas d’argument. Beaucoup les sifflent. Moi j’attends. J’engueule mon pote qui a fait des photos à la con avec mon appareil. J’ai qu’une pellicule de 36 poses et cet enfoiré ma bouffé les ¾ de la pelloche. J’en rigole maintenant mais bordel s’il n’avait pas fait 25 clichés de ses poils pubiens j’aurai pu prendre en prendre d’avantage ce soir là.

ACDC démarre, ça pousse à la barrière comme d’hab, pas trop la bagarre mais faut qu’en même s’accrocher pour tenir. De toute façon rien ne peut m’y décoller. Stiff upper lip pour démarrer le concert c’est juste parfait, direct l’autoroute.You shook me en deuxième morceau, je trouve ça bizarre, je ne l’attendais pas. Problem child remet tout le monde d’accord, quant à Thunderstruck, la fosse se déglingue vraiment est là c’est la survie pour tenir cette putain de barrière qui semble me glisser entre les mains. On tient bon. Le concert passe trop vite, quand la cloche descend, on sait qu’on arrive à la moitié du set.
Arrive Up to my neck in to you. Je sens que certain ne la connaisse pas autour de moi, petit moment de relâchement, Up to my neck in to you se transforme en Up to my neck in strife. On décide de se décoller de la barrière (de l’avancée de scène où nous sommes placés) et notre fougueuse jeunesse (et quelques coups de pompes) nous permettent de nous rapprocher. On est devant Malcolm. C’est juste magique ce qui nous arrive : quitter-la-barrière-avancer-et-se-placer-a-nouveau-devant-la-barrière-face-à-Malcolm. Seulement Bolton et Bluebell seraient capables de réaliser cette perf. J’ai oublié les morceaux jusqu’à Whole lotta rosie, le tempo est ralenti, comme à Nice en 2010. C’est juste parfait.

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Arrive l’intro de For those. On sait que dans 5-6 minutes, les lumières vont se rallumer. Je regarde le groupe, en me disant putain c’est la fin. We salute you Paris, un suppo et au lit.
C’est fini. On attend que les lumières aveuglantes du Stade se rallument mais rien ne se passe : Les cornes de chaque coté de la scène restent allumées et quelques éclairages sur scène. J’me souviens encore dire à mon pote : « Allez, on se barre, le métro va être blindé si on traine ».

Landslide_SDF2001_2.jpgEt là l’IMPOSSIBLE SE REALISE : Voilà que les boys remontent sur scène avec le t-shirt de l’équipe de France (on connait l’histoire des maillots…). Sur le coup je ne reconnais pas les premiers accords, le volume sonore a nettement baissé. Putain de bordel de merde !
Ca y est j’y suis : ces enfoirés sont en train de démarrer l’intro de Ride On. J’ai envie de tuer un chien, embrasser un gars de la sécu, demander en mariage le chevelu à coté de moi ou Helen en mariage, faire des recherches pour retrouver dans la demie heure Bruce Howe.
Je suis en train de réaliser que je suis là, à écouter mon groupe jouer Ride On en live.
Pincez moi, fracassez moi la gueule sur la barrière pour que je réalise ce qu’il nous arrive ! Le gamin à coté de nous demande ce que c’est comme morceau… mon pote lui bouffe le bras.
C’est magique, à en oublier le reste du concert, je pleurais à ne pas pouvoir chanter le refrain quand Brian nous demande les paroles. Ce gars est immense. Putain merci Brian. Ca y est c’est la fin, On a les larmes et les sourires en même temps, on se regarde tous et on se dit : « j’y étais ». Ca se voit sur nos gueules cadavériques de fin de concert, quand t’as mal partout mais que tu es le plus heureux, que tu as vidé ta tête. AC/DC EST LE PLUS GRAND GROUPE.

De retour dans le quartier Bastille, on galère pour retrouver la rue où habite le pote qui nous prête son appart. L’ouverture de la porte se fera sans avoir à faire appel au digicode que l’on ne connait pas : un bon coup de Doc et direction le dernier étage. Mon ami n’est pas là, il tire son coup chez sa nouvelle copine (marié et divorcé 6 mois après, si si) il a rempli le frigo de Kro. On finit la soirée en désencombrant son frigo, a écouter du Buddy Guy & Junior Well. Le lendemain est difficile, il me reste une seule photo dans mon appareil, mon pote immortalise ma gueule de bois sur ce dernier cliché.

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Ride on

Lanslide