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Londres, 4 juin 2016, review de Bluebell

Rédiger une chronique est un casse-tête. Encore plus depuis ce début mai. Deux fois, trois fois, quatre fois j’ai essayé de raconter une belle histoire. J’ai des doutes. J’ai des affreux. Comprenne qui veut.

Mars 2016. Introspection nécessaire : doit-on rester fidèle ? Fidèle à qui et à quoi ?

Bon, c’est le pont le 6 mai, j’ai mes billets d’avions pour Lisbonne depuis décembre et puis il fera beau. Allons passer quelques jours au soleil, ça sera toujours ça. Et Marseille ? Ben, c’est l’occase d’aller rendre visite à mes cousines. Puisque les prétextes sont bons, on ne peut pas regretter. Londres ? Ben j’aimerais bien manger un double whoopper. Quoi ? y a un burger king à Saint Lazare ? Tous les prétextes sont bons. Je le redis.

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Lisbonne, il pleut. Expérience. Il n’y a pas de Sagres à l’Eclipse bar alors on parle d’Alentejo et coteaux du Vivarais avec un hell’s angel en 103SP. Il parait que j’suis un « die hard ». C’est un mec patché qui le dit. J’le crois pas. Je ne sais pas ce que ça veut dire. Le lendemain, 7 mai, je suis dans la file à 14h Je suis un die hard alors. Je passe à la télé. Je parle toutes les langues du monde. Le vent, la pluie, on se marre avec les galiciens, la boue, le public local glacial. Le mec assis. Étonnement. Mélancolie. Courage. On resserre les liens familiaux. C’est bien. On va remonter la pente. Ça valait le coup.

Marseille. Le mec sous les lampions, il est toujours assis. Pourtant ça envoie. Have a drink on me. J’ai raté le O’Bradys, j’ai vu le quartier des créateurs. Ça enquille sévère au bar du vélodrome. Ambiance d’enfer. Je reste au fond, un môme de 10 ans sur les épaules quasi en continu. Il est aux anges et je me coince une lombaire. Je rigole à la fin avec des gars de Barcelone. Have a drink on me. Mêmes les videurs se marrent. Fin de nuit au Trolleybus. N’importe quoi. Pure biture. Il est où l’hôtel ? Expérience.

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4 juin. On y est. Sortie de Saint Pancras. Le modo H2 a donné rencard à 12h au Hard Rock Café. J’suis à l’heure. Twatwane aussi. As usual, le modo est à la bourre. On mange un truc au ketchup à côté de la gratte de Zakk Wylde dédicacée et on rate Chris Slade qui serre des louches dans la rue. La serveuse me dessine un cœur sur la note. Rôooo. J’aime le ketchup. Quand le modo arrive sur les coups de 14h je suis déjà en train de choisir mon t-shirt du soir à l’hôtel. Let’s go to Stratford.

Je ne sais toujours pas quoi penser du mec assis sous son chapeau. We’ll see. Surtout ne pas arriver tard. Je veux mon bracelet pour la pelor. Pas le temps de boire une bière. Enfin, si, une petite en marchant avec fiston et nièce. Vite. Le beau-frère fait du tourisme du côté de Buckingham avec ses filles. Tant pis pour lui il n’aura pas sa pelor. Je trace. Les portes s’ouvrent. On court. On y est. Y a déjà un peu de monde devant mais ça va. SMS le modo. ‘tain, j’y crois pas, il est déjà là !! Quelque part dans les premiers rangs. Relève la gueule, je suis là t’es pas seul. Une casquette s’agite au loin (hé ! un jour je t’emmènerai à Oloron Sainte Marie, et tu sauras ce que c’est un béret). Ben voilà, on va enfin faire un concert ensemble. Houla, y a du français au mètre carré dans la région. Bonjour monsieur. Bonjour madame. J’ai soif. Pas de dessoiffeur. Si je bouge, j’suis mort. Qui va à la chasse….Hou la la. Ça va être long. Expérience. Tic tac. Tiens un patch Pixies passe devant moi. Cecilia Ann, t’es où ? ça me rappelle le temps de la fac. J’écouterais bien un morceau des Dinosaur Junior tiens. Pas le temps, voilà Tyler. C’est vrai que j’aime bien. Le type est jeune, plutôt beau et se démène comme un diable pour animer le bal. Mon fiston me fait remarquer que le modo s’ennuie ferme. Bras croisés. Il regarde ses pieds. C’est triste. C’est sévère. Tyler termine sous les applaudissements polis. Discrètement, GoDown glisse entre les gens, se dissout lentement, nous quitte définitivement et se rapproche du 1er rang… Et blah blah blah nous voilà à 20h15 heure locale. Cinémascope. Météorite. Cliff arrive et nous adresse un signe de la main. Je crois que son salut est pour moi seul. Explosion. C’est le moment que je préfère. Ça démarre.

Le mec n’est plus assis. Il a sa chemise de bûcheron. Il va et vient. La guitare est forte, la voix un peu moins. C’est mieux pour le modo qui a décroisé les bras. Je saute partout. C’est bon. Dieu que c’est beau. Héhohéhohého. Je pense à Brian, à toutes ces casquettes en hommage dans le public autour de moi. C’est une bonne idée. Jean-François regarde ça d’un œil circonspect. Jean François, c’est une traduction française pour dire Axl, mais j’ai pas envie de prononcer ce nom par respect de l’anonymat du dit chapeauté. Shoot to thrill, le pont. Quand tout le monde tape dans ses mains, je crois que c’est le moment que je préfère. Les titres s’enchainent. Bon c’est la routine quoi. Mais c’est bien. J’espère une surprise à la fin mais pas un bœuf idiot avec Slash ça n’aurait pas de sens. Y en qui en ont parlé. Ça a eu le don d’énerver le modo….tant que c’est une blague, ça va.

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Rock’n’roll damnation. Alors là, j’avoue. Je pète une durite. Je saute plus haut que Bolton et je crie plus fort. Le refrain scandé par la foule. J’adore. C’est un de mes moments préférés de la soirée. Et ça déroule. Lights verts. It drives me nuts. Sont jolies ces couleurs. Ça bouge ce soir. Lisbonne est un lointain souvenir. Ce soir c’est un vrai plaisir. Je suis infidèle. J’ai des doutes. J’ai des affreux. Have a drink on me. Dernière note. Bon, restons calme. Qu’est-ce qu’il vient de faire là Jean François ? C’était quoi ce miaulement d’outre-tombe ? C’était génial non ? Putain. Qui a dit Putain ? La vache ! Encore s’te plait !! Je suis dégoutté de moi-même. J’ai aimé ce miaulement. Et pire encore, l’attitude du gars juste après. Il est resté comme prostré 2 secondes. Les yeux exorbités. L’air un peu hagard. Habité. Il se passe un truc là. Je n’ai plus honte de le dire. Et le pire, c’est que ce ne sera pas le seul moment de grâce de la soirée.

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Bon, je pense à autre chose. Je bouge ma tête. Les cheveux ruisselants de sueur, je décide d’aller voir devant si j’y suis. Ce soir c’est cool. Ça bouge. Donc c’est facile !

Je croise un mec habillé comme le chanteur de Ratt en 86, un type avec son Ipad (ridicule), un mec avec son fils de 6 ans sur les épaules qui s’approche du pogo ( inconscient), des filles par dizaine ( par milliers ? je ne suis plus très au fait de la situation), mon fils pogotte gentiment ( attention tes lunettes), ma nièce près de la barrière le long de l’avancée centrale surveille le modo qui a retrouvé le sourire. Tout va bien… Jean François s’appuie sur l’épaule de Stevie, lui dit 2 conneries et Stevie répond dans le micro. Alors là, je suis interloqué. C’est pas dans la tradition ça. Jean François casse les codes. Je ne sais si j’apprécie ou pas. C’est un détail après tout. Mais enfin…je…il….bon, on s’en tape ok ?

Let there be rock envoie toujours plus lourd. Plus fort. Après les paillettes et un premier long solo traditionnel, Angus se dirige au fond de la scène sur la plateforme au dessus de la batterie. Alors là, c’est le moment que j’aime le moins. C’est trop long et le solo est peu inspiré.

Mais on revient au direct. Angus disparaît à gauche. Silence. Et il débarque dans un roulement de tambour et un tonnerre assourdissant amplifié par Marshall himself que je trouve sublime. Ce moment de la finale de Let there be rock est l’instant que je préfère par-dessus tout.

Je me suis approché. 2eme rang. Tiens, salut Twatwane. Godown est à droite. Mon beau frère à ma gauche. Chris Slade est bouche ouverte. Ça cymbale à tout va. Lui aussi est habité. L’image est superbe. Je crie. Mais personne ne m’entend. Rappel. Les flammes. Perfecto noir sur les épaules du bûcheron. Et là, note finale. « Heeeeeeeee-yeaaaah-eeeeeeeell ». Jeff nous refait le coup du miaulement. Scotché, je le suis. C’est très très bon. J’ai honte de moi. Jean François exorbite de nouveau ses yeux. Il est possédé. Ben dis donc.

Perfecto blanc. Riff Raff. Ouf pas de Slash. Mais bon, pas de Guns for hire non plus, j’aurais aimé. Ça aurait été too much.

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We salute you. Les chœurs sont parfaits. Chris Slade est complètement allumé sur ce titre dont la puissance de ce soir ne peut m’empêcher de penser à Jonna. De toute façon, je serai toujours fidèle. Mais j’ai eu chaud ce soir.

Il n’y aura pas de Cart and Horses ce soir pour moi, je le regrette, j’aurai bien chanté « i’m wanted dead or alive » ou un truc comme ça avec le modo. Parce que je vais vous dire un truc. On s’connait pas bien. Pas du tout. Mais j’ai bien aimé passer ce moment avec vous.


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