Concerts

Prague, 22 mai 2016, review de Ol'

Pour que l'essentiel ne reste pas inexprimé, ces voyages sont avant tout de merveilleux moments de rencontre : Bolton, Wallace, tags, blablackice, Jul', trop bien de vous retrouver ou de vous découvrir !

De façon anecdotique, je n'avais pas du tout imaginé que mon pseudo puisse être rattaché à une équipe de foot.

Je ne reviens pas sur la découverte des spécialités locales et l'incroyable vérité sur les secrets de Rodolphe Langin, je ne m'étale pas non plus sur la capacité des vessies de nos compagnons qui mériteraient de figurer dans des atlas d'anatomie; et encore moins sur l'avant ou l'arrière des décors des toilettes.

Dans ces voyages, le concert est donc comme la cerise sur le gâteau, le rimmel sur les yeux, le café dans le sucre ou le contraire; comme une fille qui enlève ses lunettes ou qui se déshabille rien que pour soi la première fois. Il est toujours bon ce moment d'excitation ou l'on ne sait pas encore ce que l'on va voir ou entendre. Car, que l'on aime ou non cette nouvelle monture, il y a à présent un gout d'inédit qui plane sur le show.

Le site est beau, la température est chaude. Avec Blackice et Wallace, nous sommes à 3-4 mètres de la plateforme sur la droite et à une quinzaine de mètres de la scène. La vue est belle, Jul', Tags et Bolton sont une dizaine de mètres plus avant. Ça commence, Wallace commence sa danse sautillante qui ne prendra fin qu'au dernier coup de canon et Blackice l'accompagne souvent. Le son est bon, les versions s'améliorent. Puis, les premiers accords de Dog eat Dog résonnent comme une de ces cloches en chocolat surprise qu'on hésite à ouvrir car on la sait fourrée. Ce n'est pas ma préférée, mais la réentendre en concert après 6 ou 7 ans me met vraiment en joie. J'appréhende un peu qu'elle en remplace une autre; mais non, c'est un cadeau, donc du bonus.

Et puis ça continue et c'est bon. Le premier solo de let there be rock m'étonne un peu par ses variations, mais encore et encore, j'adore cette chanson 1500 fois jouée, 1500 fois jouie! Le retour sur Highway to hell sonne aussi un peu particulier, le son est très beau quand on y est, Angus respire la joie. Et puis, et puis, un temps, j'entends ce que dit Axl, j'entends les adverbes jamais et maintenant. Je retiens mon souffle; j'ai eu la chance d'être à Bordeaux en 96 pour ce Down payement blues, à Paris en 2001 pour Ride on, à Marseille il y quelques jours pour If you want blood, alors j'ai des rêves secrets et j'aime tant quand Angus marche dessus.

Il y a quelques jours, Camille et moi nous amusions à écouter bien fort à la maison "Touch too much"; épatés par le coté discopop ou acidulé de la chanson. Je me souviens précisément nous être dit qu'elle resterait malheureusement enfermée dans les sillons du vinyl.

Alors même en écrivant j'ai du mal à exprimer le plaisir incroyable que j'ai ressenti en entendant ce début si caractéristique. Pour ceux qui ont été au ride on de 2001, vous savez qu'à ces moments là, quand l'inédit apparaît, Angus n'est plus le même. N'étant plus protégé par ses mimiques ou son uniforme, on le voir redevenir un gamin. On le voit comme s'il était en 79, dans le studio, en train de découvrir ce morceau qui pourtant est le sien. On s’empêche de respirer ou de crier, pour mieux le soutenir, le ressentir. Le temps se dilate un peu, parce qu'on sait que la chanson tant espéré, peut-être même in-imaginée, va bientôt prendre fin. Alors on fait attention parce que l'on marche sur ses rêves...

Quelques jours ont passés, les amitiés et les plaisirs, les plaisirs inédits ou renouvelés, subsistent.

A dans quelques jours à Londres.