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Interview Mark Opitz pour H2ACDC.COM (septembre 2011)


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Mark Opitz, a commencé sa carrière au sein de la chaine de TV australienne ABC dans les années 1970. Ce sont Vanda et Young qui ont offert sa chance à Mark au sein de EMI Music (Capitol & Local Label Manager Artistes), ce qui lui a permis par la suite de travailler avec les artistes drivés par le célèbre tandem de producteurs, comme Rose Tattoo et John Paul Young ("Love Is In The Air"), ou encore The Angels (album "Face to Face"). Mark Optiz a également oeuvré aux manettes au service de Cold Chisel, Jimmy Barnes, INXS (albums "Shabooh Shoobah", "Welcome to Wherever You Are", "Full Moon, Dirty Hearts") et Kiss ("Kiss Symphony : Alive IV) ... Mais c'est évidemment sa collaboration avec AC/DC sur l'album culte "Powerage" de 1978, expérience unique et marquante dont il nous relate ici les détails, sur laquelle H2ACDC a souhaité revenir longuement avec lui. Merci Mark.

- Comment êtes-vous devenu ingénieur du son sur l'album " Powerage " ?

Quand j'ai quitté EMI en Australie Vanda et Young m'ont demandé si je voulais être leur apprenti / assistant, ce qui m'a vraiment estomaqué.

- Pouvez-vous nous expliquer quel a été votre rôle durant les sessions d'enregistrement de" Powerage" ?

J'ai été l'ingénieur du son sur cet album. Jusque là, George et Harry faisaient tout eux-mêmes, ils m'ont donc donné la chance d'observer leur manière de produire.

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- Comment s'est passée votre collaboration avec Harry Vanda et George Young ?

Ils étaient super, nous étions une équipe de trois et sommes devenus très proches, nous contre le monde pour ainsi dire. Alberts dégage une réelle ambiance familiale avec Fifa Riccobono qui dirigeait le côté administratif et Ted Albert, qui était le propriétaire, tout en nous laissant faire notre propre truc avec George et Harry.

- Est ce que les chansons étaient prêtes lorsque AC/DC est entré en studio ou ont-ils écrits les riffs et paroles durant l'enregistrement de l'album ?

Les chansons n'étaient pas prêtes, bien que Malcolm et Angus avaient quelques riffs. Et puis Cliff a eu quelques problèmes avec son visa, donc nous avons répété pendant trois semaines sans lui avec George à la basse, Harry et moi-même dans la salle de contrôle. On faisait ça la nuit. pendant la journée, je testais toutes les têtes d'ampli (8 au total) avec tous les hauts-parleurs (16 en tout) pour trouver la meilleure combinaison pour Malcolm et Angus. Je faisais ça moi même jusqu'à ce que je trouve une et unique combinaison pour Malcolm et Angus. Ca m'a pris au moins deux semaines.

- " Powerage " est le premier album enregistré avec Cliff Williams à la basse. Comment s'est il adapté aux méthodes du groupe ? Avait-il carte blanche ou suivait il plutôt les directives de Malcolm et George ?p05.jpg

Cliff s'est montré de suite très impliqué, parce qu'il était un bon gars qui était heureux d'être là, mais à ce stade il a certainement suivi les directives de George et de Malcolm, tout en ajoutant sa petite touche.

- ... Et " Powerage " a un son de guitare basse énorme. Plus profond que n'importe quel autre album produit auparavant. Qu'en pensez-vous ? Vous souvenez-vous si les boys recherchaient ce son si spécifique ?

Je pense que c'était une combinaison de l'équipement (Musicman Mustang et Ampeg SVT) de Cliff et moi-même, dans ma façon d'enregistrer.

- " What's next to the moon " existe en deux versions : une avec les voix normales et une autre version avec Malcolm et Cliff qui chantent sur les couplets ce qui pousse la chanson vers le haut. Vous souvenez-vous de ces différences ? Qui les a décidées ?

Quand nous avons fini l'enregistrement de l'album, Atlantic pensait que l'album n'était pas assez commercial. Alors nous sommes retournés en studio et avons effectué quelques changements, comme sur l'enregistrement de" Rock and Roll Damnation ", piste supplémentaire pour la sortie américaine.

- Comment AC/DC travaillait il en studio ? Quels ont été vos ressentis ? L'ensemble du groupe participait-il au processus final ?

Bien sûr, c'était incroyable de travailler avec eux. C'était surtout Malcolm et George qui dirigaient le groupe. Harry était un médiateur, extra-familial, lorsqu'il fallait trancher ou trouver des compromis.

- Parlez-nous un peu de Bon Scott, l'homme, le chanteur.



Bon était un rocker, une combinaison de tzigane et de hippy .Il était différent des autres membres du groupe et ne prenait rien aux sérieux. Le groupe écrivait d'abord la musique et ensuite Bon posait les paroles. Tout le monde dans le groupe avait des responsabilités bien distinctes, il était le chanteur, responsable des paroles.

- Dans le studio, avez-vous remarqué des différences entre les gars, des différences de personnalité ?

Pas vraiment, Bon était différent de Malcolm et Angus, et Cliff était le nouveau venu qui essayait de s'intégrer dans le groupe. Phil était là pour pilonner le kit et conduire la section rythmique. Nous enregistrions les nuits et le matin. Il nous arrivait, Phil, Malcolm et moi-même de prendre un petit bateau à moteur à 9 heures du matin et d'aller à la pêche avec quelques bières sur le port de Sydney, on se marrait bien...

- " Powerage " est l'album le plus teinté de blues d'AC/DC. Quelle est l'importance du blues dans la famille Young ?

Assez importante, jusqu'à " Let There Be Rock " c'est surtout pop rock mais avec cet album nous voulions qu'il soit beaucoup plus lourd.



- Vous souvenez-vous quel matériel vous utilisiez à ce moment là ? Les frères Young continuent de dire combien ils aiment encore les équipements analogiques.

Phil utilisait un kit Sonor et Malcolm une Gretch Jet que Harry lui avaient donné quelques années auparavant.Angus jouait sur ses habituelles Gibson SG qui n'ont d'ailleurs jamais quitté ses mains, même quand il allait aux toilettes.

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- Est ce que Bon donnait son opinion sur les compos ou se concentrait-il uniquement sur les paroles ? Venait il seulement en studio pour enregistrer ses prises ou était-il toujours présent pour donner un coup de main aux frères Young ?

Bon était là pour quelques-unes des répétitions et présent pour tous les enregistrements, mais surtout il a fait son travail qui était d'écrire les paroles et de les chanter, les frères Young contrôlaient la musique.

- Les Young voulaient let there be rock "full of guitars". Comment voulaient-ils Powerage ? Quel a été le mot d'ordre pour Powerage ?

Puissance, grosses guitares... je pense que c'est ce qui se démarque le plus dans cet album.

- 33 ans plus tard, qu'est-ce que vous pensez à l'écoute de " Powerage " ? Etes-vous fier de cet album qui est souvent classé comme le meilleur qu'AC/DC ait enregistré ?



Je pense que cet album a passé l'épreuve du temps. Les plus grand fans pensent que c'est le meilleur. Je me souviens aussi de Gene Simmons (Kiss) me disant que c'était son favori depuis des lustres. Beaucoup d'autres grands musiciens m'ont dit la même chose. Je pense que " Riff Raff " est la meilleure chanson qu'AC/DC ait jamais écrite. Je suis très très fier d'avoir contribué à cet album. Je me considère très chanceux de faire partie de cette alchimie.powerage1.jpg

- Avez vous conservé des documents relatifs à cet enregistrement ? Photos, pistes audio, enregistrements etc.....

Non rien, sauf une veste Powerage que l'on nous avait donné. Toutes les prises appartiennent à Alberts et je n'ai pas eu le temps de prendre des photos, juste les souvenirs et l'album demeurent...

- Etes vous resté en contact avec le groupe ? Les avez vous vu dernièrement en live ?

Je n'ai pas vu le groupe depuis de nombreuses années, mais je suis allé les voir sur leur dernière tournée. Je n'ai pas essayé d'entrer en coulisses. Ce sont des gens très privés et je ne voulais pas perturber leur travail.

- Si vous n'aviez pas travaillé sur " Powerage ", sur quel album d'AC/DC auriez vous aimé travailler ?

Tous ceux après " Powerage ". Cela dit, j'ai aussi un peu participé sur "Let There Be Rock", sur une chanson je pense. Après "Powerage", Atlantic voulait qu'ils bossent avec un nouveau producteur (Mutt), alors Georges, Harry et moi avons laissé la place. J'ai travaillé pour INXS, The Angels, et nous ne nous sommes pas vraiment recroisés souvent. A part une fois, je me souviens, à l'Hammersmith Odeon en 1980. J'étais responsable "Artiste & Répertoire" pour Warner Australie à ce moment là.

Je donnerais mon bras droit pour travailler de nouveau avec eux. Encore plus si Harry et Georges sont de la partie. Je serais heureux d'être juste ingénieur son ou n'importe quoi d'autre. Cet album a représenté beaucoup dans ma vie, je n'oublierai jamais cet expérience. Pas seulement les enregistrements mais tous les moments passés où nous trainions et discutions ensemble.

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