Temoignages

Enregistrement de l'album "For those about to Rock" : temoignage de Didier.

Eté 1981 : retour sur l'enregistrement à Paris de "For Those About To Rock We Salute You", album majeur du groupe, le troisième produit par Robert "Mutt" Lange, le premier, et le seul avec "Black Ice", à atteindre le numéro 1 du Billboard. Rappelons que le groupe commença ces mêmes sessions dans les studios EMI-Pathe Marconi. Insatisfait du son obtenu, le groupe décide deux semaines plus tard de continuer la mise en boite en utilisant un mobile studio non loin de Paris. Didier, témoin de cette époque, pas moins l'enregistrement d'un album studio d'AC/DC en France (sans précédent avant "Blow up Your video"), nous livre ici de succulentes anecdotes.


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1981. A cette époque, pour resituer le contexte, j'étais Disc-Jockey dans une discothèque Rock dans le Nord de la France. Passionné de musique depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours essayé de passer dans cette discothèque des groupes nouveaux et frais, car je ne voulais pas simplement faire écouter des choses qu'on connaissait déjà par cœur, je mettais un point d'honneur à faire découvrir de nouvelles choses aux mecs et aux nanas qui passaient leurs soirées dans cette boite.ftatr_5.jpg

AC/DC faisait partie de ces nouveaux groupes dans les années 70, qui ont eu du mal à se faire apprécier au début. J'adorais passer « Hell Ain't A Bad Place To Be », avec d'autres morceaux, et les mecs au début venaient me voir en me demandant "qu'est ce que c'est ce truc". On connait la suite... « Powerage » était mon album préféré, avec « Down Payment Blues » et surtout « Gone Shootin' », que je passais de temps en temps aussi, le vinyle trônait d'ailleurs fièrement dans ma collection. Plus tard, j'ai aussi été parmi les premiers à passer U2 (que j'avais vu jouer dans un bar à Londres pour leur premier album, avant la sortie de New Year's Day qui les aura fait exploser), Madonna (on me disait que cette nana durerait 2-3 ans et qu'on entendrait plus parler d'elle), ainsi que des groupes Rock, Hard et New Wave tels The Cure, Def Leppard, ou encore Manfred Mann et j'en oublie bien d'autres.

Cette année-là, je devais me rendre sur Paris avec mon patron pour aller acheter deux nouvelles enceintes. A cette époque, c'était une expédition. Après plusieurs heures de route, nous arrivons dans le dépôt d'une société de vente de matériel sonore où on devait venir chercher nos enceintes, Porte de Charenton. Nous sommes allés voir nos nouvelles acquisitions, on entendait un mec jouer de la guitare dans la pièce à côté. On a rapidement su qu'AC/DC jouait là, mais nous étions occupés à tester notre nouveau matos. On avait même amené une cassette audio pour l'occasion, histoire d'être sûrs de ce qu'on allait acheter. C'était l'album "Joe's Garage" de Frank Zappa. On avait pris cette cassette car au moins, avec Zappa, y'a du son partout, et pour tester du matériel audio, c'est parfait.

Quelques instants plus tard, un mec vient nous voir et nous demande d'arrêter la zik car ça gênait les prises de son à côté. Pas de problème, on avait terminé ce qu'on avait à faire. Les mecs nous ont alors demandé si on voulait aller boire une bière avec eux... Sans se faire prier, nous sommes allés dans la pièce d'à côté donc, là où ça jouait. Une sorte de petit hangar (qui pouvait contenir environ une quinzaine de voitures) équipé avec plein de guitares, une console, et un seul retour, là où le guitariste jouait. Ce qu'il jouait, c'était l'intro d'un morceau, qui deviendra plus tard « For Those About To Rock »... Avec le nombre de guitares qu'il y avait, et les changements de son qu'on avait entendu, on s'est doutés qu'ils faisaient des prises pour trouver LE son qu'il voulait au morceau.

En entrant dans cette grande pièce, on a été surpris de voir une palette (oui oui, une palette) de bières qui avait été amenée là, sur facilement 1 mètre de hauteur. Etait assis à côté un mec un peu chétif, limite recroquevillé sur lui même comme un malheureux, qui buvait sa bière à côté d'une nana complètement déchirée et d'un autre mec qui trainait à côté.

Ce mec chétif et recroquevillé sur lui même n'était nul autre qu'Angus Young, que nous sommes allés saluer bien gentiment. Y'avait un interprète qui était là, et plusieurs techniciens. On a discuté quelques minutes avec les gars, on expliquait ce qu'on faisait là et notre activité avec la boite qu'on tenait (on lui a bien sûr dit qu'on passait du AC/DC chez nous). Ils avaient bien vus qu'on était pas là pour emmerder le monde, c'est bien pour ça qu'ils nous ont fait entrer. Dans la discussion, Angus nous a glissé que la musique qu'on a passé, c'était quand même un sacré truc.

On s'est ensuite baladé un peu dans la hangar à regarder le matériel, le reste du groupe n'était alors pas présent (hormis Brian Johnson, casquette visée sur la tête, que j'ai cru apercevoir à un moment). Au fond derrière une sorte de porte de garage, y'avait ce studio mobile ouvert, qui se trouvait juste à côté du dépôt, alimenté par un câble de la largeur d'une grosse bouteille d'eau... Je ne suis pas rentré dedans, mais j'ai pu aller le voir et regarder ce qu'il y avait à l'intérieur. Un truc assez énorme, gros comme un semi-remorque, avec à l'intérieur une table de 64 pistes plutôt impressionnante (début des années 80, c'était peu commun d'en voir). Avant de repartir, nous avons salué les mecs présents, et nous sommes allés se faire une pizza avec le vendeur qui nous a filé les enceintes.

Finalement, AC/DC à cette époque n'était pas encore un groupe superstar, plutôt un bon groupe de Rock hautement reconnu des connaisseurs. C'est ce qui nous a permis de passer ce petit moment sans problème avec les techniciens qui les entouraient et donc Angus Young, loin de l'image de diablotin qu'on se fait de lui quand on le voit sur scène. Une rencontre impromptue qui restera un très bon souvenir pour ma part.

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Merci à Didier et à McBeef.


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